La Région divisée sur son avenir: le groupe UMP fait de la résistance
Le SDRIF divise encore... et toujours.
Le 24 septembre dernier, le Conseil régional d'Ile-de-France dirigé par la gauche, a adopté son projet de SDRIF, contre l'avis des membres de la Majorité présidentielle, du Groupe du Centre et du Front national.
SDRIF?
Kezaco?
Encore un machin imprononçable, une appellation obscure pour un document d'une importance capitale pour notre région, pour nos villes, pour notre quotidien finalement.
En effet, le Schéma Directeur de la Région Ile-de-France est un document de référence qui dessine les contours de l'Ile-de-France pour les 20 prochaines années.
Viser un horizon aussi lointain peut semble excessif voire insensé, eu égard à nos préoccupations quotidiennes. Mais il est indispensable que les collectivités donnent un cadre général à l'action publique qu'elles souhaitent conduire, qu'elles définissent des objectifs à atteindre et des moyens pour y parvenir.
Le SDRIF est un document contractuel qui lie le Conseil régional et l'Etat Ce dernier a le pouvoir en dernier ressort de lui donner une existence juridique en l'adoptant par décret pris en Conseil d'Etat.
Il se trouve que l'Etat a émis de fortes réserves sur l'opportunité de conclure en l'état ce contrat .
Que faut-il en retenir?
que'est ce qui pose problème?
Les points positifs : peu nombreux, ils méritent d'être cités.
C'est d'abord l'intégration du projet "Métrophérique ou Arc express" défendu par Roger Karoutchi, chef de file de l'UMP au Conseil régional, pour désengorger les lignes du metro parisien et remédier à l'insuffisance de la desserte en transports publics de banlieue à banlieue.
C'est aussi la reprise de plusieurs projets de réseaux routiers qui avaient été écartés par la majorité socialiste du Conseil régional, comme le prolongement de la Francilienne entre Cergy-Pontoise et Poissy-Orgeval, le prolongement de l'autoroute A12 entre Saint-Quentin-en-Yvelines et Les Essarts-le-Roi...
Mais c'est également la programmation d'un lycée international.
En réalité, ces avancées ne parviennent pas à combler les fortes lacunes du projet:
Tout d'abord, ce SDRIF ne répond pas aux ambitions d'une Région capitale.
J'en veux pour preuve l'objectif de création d'emplois, 700000 emplois nouveaux à horizon 2030 ce qui représente une moyenne de 28000 emplois par an, est très nettement insuffisant.
En effet, indiscutablement, cet objectif de création d'emplois ne permettra pas d'absorber la croissance démographique constatée en Ile-de-France, que le seul accroissement naturel de la population francilienne portera à près de 13 millions d'habitants d'ici à 2030.
Va t-on demander aux franciliens de s'exiler en province pour trouver un emploi, surtout quand le maillage du territoire en transports ferroviaire est si insuffisant?
C'est impensable.
Deuxièmement, le projet de SDRIF fixe un objectif de construction de 60000 logements par an, alors que le potentiel foncier ouvert à l'urbanisation augmente de 5000 ha seulement par rapport à l'ancien SDRIF.
Cela pose le problème de la reconstruction de la ville sur la ville, même on s'accorde tous à dire que le mitage n'est pas non plus une solution.
Enfin, plusieurs départements ont rejeté le projet de SDRIF qui comporte un risque non négligeable de tutelle de la Région sur les départements et les communes, ce qui est non seulement inacceptable, mais surtout inconstitutionnel (l'article 72 de la Constitution pose le prinicipe de libre administration des collectivités territoriales).
Autrement dit, le document n'est pas prêt en l'état et le groupe Majorité Présidentielle a voté contre.
Maintenant, c'est un bras de fer avec l'Etat qui est ouvert, puisque le document doit être validé par l'Etat.
Des rapprochements seraient en cours qui devraient permettre de rapprocher les points de vue.
C'est l'intérêt de chacun, car s'il n'est pas consensuel, ce document ne sera pas applicable... et tout cela n'aura servi à rien.